La crique cachée au Pays Basque n’est pas un mythe réservé aux locaux qui se taisent. Entre Bidart et Guéthary, le littoral déchiqueté recèle des recoins où l’on peut encore poser sa serviette sans jouer des coudes, même quand les premières chaleurs de juin ramènent tout le monde vers l’océan. Il faut juste savoir où chercher — et accepter parfois de descendre un peu.
Voici cinq spots que nous partageons avec nos hôtes quand ils nous demandent où fuir les plages surveillées bondées. Pas de parking géant, pas de poste de secours, pas de vendeur de glaces : juste des rochers, de l’eau claire et cette sensation d’avoir trouvé quelque chose.
Juin sur la côte basque, c’est ce moment suspendu où l’eau commence à devenir supportable (comptez 18-20°C selon les courants) sans que les foules estivales n’aient encore déferlé. Les journées s’étirent jusqu’à 21h30, les parkings des grandes plages ne sont pas encore des champs de bataille, et surtout : les criques accessibles uniquement à pied restent quasi-désertes en semaine.
La différence avec juillet-août est frappante. Là où vous trouverez trois familles en juin, vous en compterez trente en pleine saison. Comme nous l’évoquions dans notre article sur juin au Pays Basque, le mois qui met tout le monde dehors, c’est vraiment la période idéale pour explorer ces coins reculés avant qu’ils ne soient pris d’assaut.
Coincée entre deux avancées rocheuses au nord d’Ilbarritz, cette petite plage de galets et de sable grossier n’apparaît sur aucun panneau. L’accès se fait depuis le sentier du littoral, environ 800 mètres après la plage d’Ilbarritz en direction de Bidart.
Accès : Repérez un escalier naturel taillé dans la roche, partiellement masqué par la végétation. La descente fait une vingtaine de mètres avec quelques passages où il faut s’aider des mains. Chaussures fermées recommandées.
Niveau de difficulté : Moyen. Déconseillé aux enfants de moins de 8 ans non accompagnés et aux personnes ayant des problèmes de mobilité.
Affluence en juin : 5-10 personnes maximum en semaine, 15-20 le week-end par beau temps. Souvent déserte avant 11h.
Baignade : Eau calme à marée basse, attention aux courants à marée montante. Fond rocheux par endroits — des chaussures d’eau sont un plus.
Tout le monde connaît Parlementia pour le surf, mais rares sont ceux qui descendent sur la petite crique au sud du spot principal. Cette plage secrète entre Bidart et Guéthary se mérite : il faut longer la falaise depuis le parking de Parlementia pendant environ 400 mètres, puis emprunter un sentier qui serpente entre les ajoncs.
Accès : Depuis le parking de Parlementia (gratuit mais limité), prenez le sentier côtier vers le sud. Après le premier promontoire rocheux, un chemin étroit descend vers une crique d’environ 30 mètres de large.
Niveau de difficulté : Facile à moyen. La descente finale est raide mais courte (10 mètres).
Affluence en juin : C’est la moins secrète de notre liste — comptez 20-30 personnes l’après-midi en semaine. Mais le matin, c’est une autre histoire.
Baignade : Excellente. Fond sableux, eau généralement claire. Surveillez quand même la houle si vous n’êtes pas à l’aise : Parlementia capte bien les vagues.
Entre la plage d’Erretegia et celle du Centre à Bidart, une anfractuosité dans la falaise abrite ce qui ressemble à une piscine naturelle à marée basse. Les locaux l’appellent parfois « la bassine » — c’est dire sa taille modeste, mais aussi son charme.
Accès : Depuis la plage d’Erretegia, marchez vers le nord à marée basse en longeant les rochers. Après environ 200 mètres, vous trouverez une ouverture dans la roche qui donne accès à cette crique minuscule (15 mètres de large environ).
Niveau de difficulté : Facile, mais accessible uniquement à marée basse. Consultez impérativement les horaires des marées sur le site de la SHOM pour Bidart avant de vous y aventurer.
Affluence en juin : Rarement plus de 5-6 personnes, car il faut connaître et timer sa visite. Un vrai spot de baignade tranquille sur la côte basque.
Baignade : L’eau y est souvent plus chaude qu’ailleurs car le bassin se réchauffe au soleil. Idéal pour les frileux.
Juste sous le village de Guéthary, au pied de la jetée historique, une crique se forme à marée basse. Les surfeurs la connaissent pour y accéder à certains spots, mais peu de baigneurs s’y aventurent.
Accès : Depuis le port de Guéthary (classé parmi les plus beaux de la côte basque selon l’office de tourisme de Guéthary), empruntez l’escalier qui descend vers la jetée. À marée basse, contournez les rochers vers la droite.
Niveau de difficulté : Moyen. Les rochers sont glissants et l’accès demande une certaine agilité. Évitez absolument par mer agitée.
Affluence en juin : Variable. Les matins calmes, vous serez souvent seul. Quand les conditions de surf sont bonnes, le spot se remplit de pratiquants.
Baignade : Pour nageurs expérimentés uniquement. Les courants peuvent être traîtres et il n’y a aucune surveillance.
On garde le meilleur pour la fin. Cette crique nichée entre Bidart et Guéthary est notre recommandation numéro un pour qui cherche une crique cachée au Pays Basque combinant beauté, accessibilité relative et tranquillité.
Accès : Stationnez au niveau du camping Ur-Onea (ou marchez depuis Bidart-centre, environ 1,5 km). Prenez le sentier côtier vers le sud pendant 600 mètres. Un panneau discret indique « accès plage » — descendez par le chemin en lacets (dénivelé d’environ 40 mètres).
Niveau de difficulté : Moyen. La descente prend 10 minutes et la remontée vous fera souffler, mais le chemin est bien tracé et sécurisé.
Affluence en juin : 10-15 personnes en semaine, 25-30 le week-end. Arrivez avant 10h30 pour avoir le choix de votre emplacement.
Baignade : Excellentes conditions. Mélange de sable et galets, eau cristalline par temps calme. C’est ici que nous envoyons nos hôtes qui veulent une vraie expérience de baignade secrète.
Ces criques ne sont pas des plages surveillées — c’est ce qui fait leur charme, mais aussi leur exigence. Quelques règles de bon sens :
Vérifiez toujours les marées. Certains accès deviennent dangereux voire impossibles à marée haute. Un coefficient supérieur à 90 peut bloquer le retour de certaines criques.
Prévoyez de l’eau et de quoi vous couvrir. Il n’y a aucun commerce à proximité. Le soleil de juin tape déjà fort, et les coups de chaleur arrivent vite quand on fait la descente-remontée.
Emportez vos déchets. Ces coins restent préservés parce que ceux qui les connaissent les respectent. Pas de mégots, pas de plastique, pas d’emballage.
Ne surestimez pas votre niveau. L’océan Atlantique n’est pas la Méditerranée. Même dans une crique abritée, les courants existent. Si vous n’êtes pas un nageur confirmé, restez où vous avez pied.
Pour ceux qui préfèrent explorer l’arrière-pays après la baignade, notre guide des randonnées pittoresques autour de Saint-Jean-de-Luz vous donnera des idées pour compléter votre journée.
Si vous voulez vraiment profiter de ces plages secrètes entre Bidart et Guéthary, voici notre stratégie :
En semaine : Privilégiez le mardi ou le mercredi. Le lundi, les locaux rattrapent le week-end. Le jeudi et vendredi, les vacanciers commencent à arriver pour leur semaine.
Le matin : Arrivez entre 9h et 10h. L’eau est plus froide mais vous aurez la crique pour vous. La lumière est aussi plus belle pour les photos.
Fin d’après-midi : À partir de 17h30, beaucoup de monde remonte. C’est le moment idéal pour une baignade au coucher du soleil (vers 21h30 en juin).
Le printemps basque a cet avantage incomparable de permettre ces explorations avant la cohue estivale. Comme nous le racontions dans notre article sur le printemps au Pays Basque, c’est vraiment la saison où il faut en profiter.
Saint-Jean-de-Luz est parfaitement situé pour rayonner vers ces criques. Bidart est à 15 minutes en voiture, Guéthary à 12 minutes. Vous pouvez aussi prendre le TER (gare de Guéthary) et faire le reste à pied si vous aimez marcher.
On vous prête volontiers une glacière et des serviettes de plage supplémentaires. Et si vous rentrez affamés de votre exploration, notre sélection des meilleurs restaurants de Saint-Jean-de-Luz vous attend.
Ces criques, on les garde précieusement depuis des années. On vous les confie avec la même recommandation qu’on ferait à un ami : profitez-en, respectez-les, et gardez-les un peu secrètes, d’accord ? Le Pays Basque a encore ces trésors à offrir à qui sait les chercher. Ongi etorri — bienvenue parmi ceux qui savent.